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March 16

TOULOUSE PASSE À GAUCHE

Le socialiste Pierre Cohen est quasi assuré de devenir le nouveau maire de Toulouse. Avec un peu plus de 50,5 % des voix il devance le maire sortant apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc. Il met ainsi fin à trente-sept ans de droite au Capitole.
March 14

QUAND MOUDENC ET COHEN SE REVENDIQUENT DE JUPPÉ


Lors du débat organisé par la chaîne Public Sénat entre Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc, le candidat socialiste s'est appuyé à trois reprises sur le bilan...d'Alain Juppé.

Les débats télévisés réservent parfois des surprises. Lors de la confrontation Moudenc-Cohen, le candidat socialiste a réussi la prouesse d'étayer ses arguments en s'appuyant à trois reprises sur le bilan d'Alain Juppé. Très soucieux de ne pas donner une dimension nationale au scrutin Jean-Luc Moudenc a toujours fait en sorte d'éviter des soutiens extérieurs à Toulouse. Une exception existe toutefois. Le candidat UMP précise que pour son dernier meeting « Seul Alain Juppé participera indirectement par vidéo ». Le maire de Bordeaux a tous les honneurs...

Le complexe toulousain

Bordeaux a souvent été présenté dans les médias comme une ville parfaitement gérée et à la pointe des innovations écologiques avec son tramway. Le rayonnement national du chef-lieu de la Gironde a souvent fait de l'ombre à Toulouse. Toutefois ce "rayonnement" peut être relativisé tant il est dû aux nombreuses fonctions à la tête de l'Etat qu'Alain Juppé a exercé ces vingt dernières années. Et pourtant, les deux candidats toulousains croient bon de se revendiquer de l'ex-Premier ministre.

Pierre Cohen estime que Toulouse est en retard concernant les transports  « Il y a 6 ou 7 ans, la plupart des villes avaient adopté une offre de déplacement. Bordeaux nous a d'ailleurs nous a dépassé ». Lorsque Jean-Luc Moudenc attaque son concurrent sur son opposition passée à la construction de la ligne 2 du métro. Le candidat socialiste répond : « On ne refait pas l'histoire. D'autres n'ont pas choisi le métro, comme Monsieur Juppé ». Enfin, pour s'opposer au grand contournement routier de Toulouse proposé par le candidat UMP, Pierre Cohen s'en remet au « Grenelle de l'environnement » : « Le Grenelle a dit qu'il ne fallait plus d'autoroutes car c'est contraire au développement durable . » (S'il l'a dit alors...). Un « Grenelle » qui n'est rien d'autre que le produit de l'ex-ministre de l'environnement, et de sa « révélation écolo » importée du Canada.

On se dit alors qu'Alain Juppé aurait dû se présenter à l'élection municipale toulousaine ! Tout le monde se serait peut-être mis d'accord. Mais il ne faut pas faire de mauvais esprit et ne pas s'éloigner du véritable débat entre les deux candidats à la Mairie de Toulouse  : « Monsieur Cohen a été maire durant 19 ans de Ramonville, ville qui n'a pas connu d'essor démographique. » « Monsieur Moudenc, vous auriez dû vous présenter à l'élection de Ramonville ».

Florian Gibert Abensour



March 13

UN SONDAGE DONNE PIERRE COHEN GAGNANT

Un sondage Ifop/Fiducial pour Paris-Match donne le socialiste Pierre Cohen gagnant avec 53% des voix. Ce sondage effectué sur un échantillon de 602 personnes est toutefois à prendre avec des pincettes dans la mesure où il ne tient pas compte des alliances opérées par les candidats entre les deux tours. Le ralliement de la tête de liste MoDem Jean-Luc Forget à Jean-Luc Moudenc, ainsi que le refus du PS de s'allier avec d'autres listes de gauche pourraient avoir des conséquences sur l'attitude des électeurs dimanche prochain. Marwan Chahine
March 11

LE PS SEUL CONTRE LA DROITE ET LE MODEM

Le jeu des alliances aura reservé son lot de surprises. Si le MoDem a naturellement rejoint la droite, le PS a refusé de fusionner avec l'Autre Liste de François Simon et la liste Debout ! de Myrim Martin. On se doutait bien que Jean-Luc Forget allait rejoindre le maire sortant Jean-Luc Moudenc pour le second tour des municipales ; en revanche on ne s'attendait pas à ce que l'alliance se fasse dans ces conditions. Monsieur Forget qui évoquait l'éventualité d'un retrait de la vie politique en cas d'échec aura vite changé d'avis devant la gracieuse main tendue par Monsieur Moudenc. Contre neuf places dont sept éligibles, Jean-Luc Forget s'est rangé juste derrière le maire de Toulouse et figure en troisième position sur la liste. D'aucuns au MoDem y voient une trahison, d'autant que ce ralliement ne s'est pas suivi d'un retrait d'Elisabeth Husson Barnier, considéré hier encore comme le diable incarné par certains. Quant à Jean-Luc Moudenc, il espère bien que ce ralliement clair sera suivi d'un report de voix massif, condition nécessaire bien qu'insuffisante pour gagner dimanche prochain. Les récentes manoeuvres de la gauche pourraient bien être favorable au maire sortant. Alors qu'il n'est arrivé que second Pierre Cohen n'a pas souhaité fusionner avec les deux listes à sa gauche. Pour Myriam Martin, cela s'explique, la tête de liste Debout demandait une alliance doublée d'une indépendance. En revanche, on comprend mal que Pierre Cohen n'ait pas accepté de céder quatre places sur sa liste à l'Autre Liste de François Simon. Avant même l'élection, un accord semblait entendu et Simon semble le premier surpris de la situation. En ne s'alliant avec personne, le PS a sans doute chercher à ménager la chèvre et le chou, les électeurs du centre et de la gauche. Mais cette attitude présomptueuse pourrait lui être préjudiciable. François Simon n'a d'ailleurs pas donné de consigne de vote pour le second tour. Reste à espérér pour Pierre Cohen que l'union sacrée contre Jean-Luc Moudenc qu'il appelle de ses voeux ne se retourne pas contre lui. Marwan Chahine
March 10

"DEBOUT" AURA SON MOT À DIRE

La liste « Debout ! » a totalisé 5,07% des suffrages lors du premier tour des municipales à Toulouse. Une soirée mouvementée, vite éclipsée par les tractations déjà en cours avec la liste d’union de la gauche.

Les nerfs des militants de la liste « Debout ! » ont été mis à rude épreuve ce dimanche. À chaque dépouillement d’un bureau de vote, les résultats oscillent entre 4,5 % et 5,5 % et la rumeur se propage au QG de la campagne, rue des Couteliers. L’objectif minimum de faire 5 % est impératif afin de pouvoir se faire rembourser des frais de campagne mais aussi de venir jouer les trouble-fête pour le deuxième tour. Vers minuit, c’est le soulagement. La liste conduite par Myriam Martin passe la barre fatidique des 5% même si les résultats affinés ne seront connus que plus tard dans la nuit. « Ça met un peu de piment à cette journée électorale », ironise Julien Terrié, numéro 14 de la liste « Debout ! ». « C’est un soulagement. On a dû faire face à beaucoup d’obstacles, mais finalement on a réussi notre pari », s’exclame la tête de liste.

Rassemblement de la gauche ?

Très tôt dans la soirée, Myriam Martin s’exprime sur « la possibilité d’un accord technique » avec la liste d’union de la gauche en vue « de battre la droite au second tour ». Elle confirme avoir eu « des contacts avec un responsable de la campagne de Pierre Cohen ». Les modalités devraient être fixées lundi dans la journée. L’autre partie de la gauche alternative n’a pas perdu de temps. François Simon, a déjà fait appel à Pierre Cohen. Il souhaite obtenir de la part du tête de liste socialiste, 1/9e des places compte tenu de son score de 5,42 %. Visiblement, cette nouvelle fait grincer des dents du côté des colistiers socialistes et risque de s’accentuer lors des négociations avec « Debout ! ». Selon Myriam Martin, après ce bon score des forces de gauche, « la balle est dans le camp des socialistes ».

Charles Carrasco

RIEN N'EST JOUÉ A TOULOUSE

Le maire sortant apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc devance le candidat socialiste Pierre Cohen d'une courte tête. Mais entre les alliances électorales et les reports de voix possibles, il est difficile de deviner l'issue du scrutin. Décryptage.

À Droite on respire, à gauche on sourit. A l'issue de ce premier tour, les deux principaux candidats restent en course pour le Capitole. Jean-Luc Moudenc totalise 42,6 % des voix contre 39 à son rival socialiste. Trois candidats dépassent le seuil des 5%, Jean-Luc Forget du MoDem à 5,9 % des voix, François Simon de l'Autre Liste avec 5,42 % et Myriam Martin 5,07. Les trois autres candidats font moins d'un pourcent : 0,86 % pour André Gallego (Dvd), 0,83 % pour Sandra Torremocha (LO) et 0,33 % pour Thierry Dupin (PT). L'abstention est de 43,5%.

Alliances, stratégies et mobilisation

Si on se contente de sortir les calculatrices et en rangeant le MoDem à droite, Moudenc et Cohen sont quasiment à égalité avec une très légère avance pour le candidat socialiste. Mais la réalité est plus complexe en raison de trois paramètres. Alliances et contexte national Primo, il est difficile de prévoir l'abstention au second tour. L'absence du Front National au premier tour peut laisser penser que certains symapthisants frontistes ne se sont pas déplacé dimanche mais se remobiliseront pour faire barrage à la gauche la semaine prochaine. Il en est de même pour les électeurs convaincus de l'issue du premier tour et réservant leur vote pour le duel du second. Ces données sont difficilement quantifiables mais ne peuvent être négligées. Deuxio, les reports de voix ne sont pas systématiques et dépendent en partie des alliances. Selon toute vraisemblance, et malgré ce qu'il avait annoncé, Jean-Luc Forget devrait se rallier à Jean-Luc Moudenc avec des reserves toutefois. En effet, on voit mal le candidat MoDem siéger à coté de Mme Elisabeth Husson Barnier, présidente départementale du MoDem et qui a choisi le camp de Moudenc au premier tour. Mais même avec ce ralliement, encore officieux, Jean-Luc Moudenc n'est pas certain de récupérer toutes les voix du MoDem. Le parti centriste prend ses voix tant à droite qu'à gauche et même une consigne de vote claire de la tête de liste ne suffirait pas à capter l'ensemble de l'électorat. À gauche, Pierre Cohen bénéficie d'une resèrve de voix importante. Néanmoins, la tête de liste socialiste devra négocier avec François Simon et Myriam Martin en vue d'un ralliement. Avec le premier, le souci vient de ce qu'il est l'ancienne tête de liste du PS (pour les municipales de 2001) et que beaucoup au PS semblent lui en vouloir de sa dissidence. Il est fort à parier que si le PS refusait les 5 places demandées par François Simon, des électeurs de ce dernier pourraient rester chez eux dimanche prochain. Si le PS acceptait, cela ne se ferait pas sans une certaine amertume, comme l'attestent des propos entendus rue de Metz au siège de campagne de Pierre Cohen. Avec Myriam Martin, la difficulté vient de ce que sa liste se compose de trois courants et que si elle se rallie ce sera au moins pour trois places. Le PS serait contraint de retirer au moins huit personnes de sa propre liste, ce qui n'est pas une mince affaire, les candidats au retrait n'étant pas légion. Tertio, la campagne n'est pas finie et l'entre-deux tours peut réserver des surprises.

Un final indécis

Moudenc sait qu'il n'a plus rien à perdre et se montrera sans doute offensif au cours de cette semaine. Quant à Cohen, difficile de savoir comment il va gérer son nouveau statut de favori. D'autant que des éléments externes peuvent entrer en compte. À Toulouse, le contexte national a joué au premier tour. Jean-Luc Moudenc, maire par intérim ( depuis 2004 ) à sans doute pâti d'un vote sanction contre la politique du gouvernement. Or, il n'est pas à exclure que la droite française parvienne à rassembler ses troupes pendant l'entre-deux tours comme l'avait fait la gauche aux dernières legislatives. Auquel cas, Moudenc bénéficierait d'un apport de voix. Tous ces éléments font que même si Pierre Cohen est en passe de l'emporter dimanche, rien n'est joué à Toulouse.

Marwan Chahine

March 09

MOUDENC (UMP) DEVANT COHEN (PS)

Point sur la course au Capitole

Selon la Sofres, Moudenc réunirait 42 % des suffrages contre 38% pour Pierre Cohen.Les deux listes d'extrême gauche, Debout (LCR) et l’Autre liste de François Simon recueilleraient toutes les deux 5,5%. Quant à Jean-Luc Forget il ne rassemblerait que 6,5% des voix. Ipsos crédite Jean-Luc Moudenc de 41% contre 40% pour le candidat socialiste. Selon les premières estimations officielles portant sur 179 bureaux de vote, Jean-Luc Moudenc, arriverait en tête avec 43 %. La liste de gauche plurielle de Pierre Cohen serait seconde avec 38,6 %. Jean-Luc Forget, candidat MoDem ne réunirait que 6 %, loin des 10% escomptés. L'Autre liste de François Simon et la liste Debout menée par Myriam Martin seraient au dessus des 5%.

Julien Collinet et Marwan Chahine

March 07

UN NOUVEAU SOUFFLE POUR LUTTE OUVRIÈRE

Lutte ouvrière (LO) est au plus mal à Toulouse. Arlette Laguiller n’avait obtenu que 0,84% lors des dernières élections présidentielles.

Ce scrutin municipal ne s’annonce pas mieux pour le parti. Selon un dernier sondage, paru dans la Dépêche du midi jeudi, Sandra Torremocha, tête de liste LO ne recueillerait que 0,5% des suffrages. Cette jeune enseignante de 34 ans est la benjamine des candidats à Toulouse. D’origine espagnole, elle a hérité de ses aïeux ibériques son militantisme. Elle s’inscrit ainsi dès l’age de 17 ans auprès du parti d’Arlette Laguiller. Utopiste, son combat l’est. Elle annonce ainsi « viser un poste de conseiller municipal », soit obtenir 5% dimanche soir. Discrète, elle l’est aussi, tout comme sa campagne. Rarement relayée par les medias, sa candidature peine à se faire entendre. Complexé, face à une surdose de liste d’extrême gauche, le parti a pourtant bien essayé, en vain, de s’allier aux autres forces. « François Simon n’a même pas voulu nous entendre. La LCR voit dans ses élections une simple vitrine pour son parti, on n’a pas pu faire valoir nos idées » explique-t-elle quelque peu dépitée. Déterminée à faire chuter Jean-Luc Moudenc, « le relais des idées de Nicolas Sarkozy », elle ne sait toutefois pas si elle appellera à voter Cohen le 16 mars ; ce serait « inacceptable en cas d’accord avec le Modem ». Le parti qui semble à l’agonie, peut retrouver un nouveau souffle avec des jeunes candidats comme Sandra Torremocha qui s’engagent pour « être le relais de la voix des travailleurs. »

Julien Collinet

ARLETTE LAGUILLER APPELLE A SANCTIONNER LA POLITIQUE DE SARKOZY

La figure de proue de Lutte ouvrière était hier soir à Toulouse pour appuyer la candidature des quatre listes présentées par son parti en Midi-Pyrénées. Malgré des objectifs mesurés pour l’élection de dimanche, elle n’a pas lésiné sur la critique du pouvoir en place.

« Quand Arlette chante c’est de la verdure, sur un monde difficile, dur », chantait Alain Souchon. Hier soir à Toulouse, ce sont pourtant des banderoles et des drapeaux rouges qui l’ont accueilli, salle Barcelone. Arlette Laguiller venait y soutenir les quatre listes de son parti en Haute-Garonne (Colomiers, Cugnaux, Muret et Toulouse) aux municipales de dimanche. L’assistance flirtait avec les 150 personnes. C’est la tête de liste toulousaine Sandra Torremocha qui lance les hostilités. D’entrée de jeu, l’UMP Jean-Luc Moudenc n’est pas épargné. « Le candidat de la droite honteuse », selon la tête de liste de LO. S’en suit un panorama des luttes salariales locales. Airbus, Latecoere, Freescale… Tout y passe. Arlette Laguiller emboîte le pas à la candidate toulousaine. Applaudissements fournis dans la salle. Elle aussi va droit au but et dénonce un « gouvernement d’assistanat », dans un pays où les assistés « ce sont les riches. » Des points chauds de l’actualité sociale, elle n’en oublie pas un. Cela va de Denis Gauthier-Sauvagnac (ex-président de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie), « une saleté patronale de plus » à la flambée des prix de la grande distribution, due selon elle « à la spéculation » et à « la liberté pour les supermarchés de fixer les prix. » Vote sanction Et puis elle tempête, Arlette. Contre Arcelor-Mittal, contre Michelin ou encore contre Miko, où des emplois sont menacés. Bien entendu, elle en garde un peu pour Nicolas Sarkozy, qui « n’imagine pas ce que c’est de s’user au travail sur une chaîne de production. » L’enjeu du scrutin, la porte drapeau de LO le relativise, sans le minimiser. Elle en appelle à « la mobilisation de l’électorat populaire. » « J’espère que nous aurons des conseillers municipaux », admet-elle. « Aucune municipalité ne peut combler les défaillances de l’Etat. » Il n’empêche, « la municipalité peut faire des choix, plus ou moins favorables aux classes laborieuses. » Mais le créneau de Lutte ouvrière reste ouvertement révolutionnaire. « J’ai cette conviction qu’il y aura une explosion sociale », lâche Arlette Laguiller, qui cite Lénine et Trotsky et regrette que ses « camarades de la LRC » veuillent créer une union antilibérale « un peu féministe, un peu écolo… » Et de conclure, « nous continuerons à revendiquer des idées communistes. » L’assistance se lève pour applaudir. La vedette de la soirée reçoit un bouquet de fleurs et descend du pupitre. Quelques tracts dédicacés et puis s’en va.

Antoine Lannuzel

FRANCE INTER DECRYPTE LES MUNICIPALES TOULOUSAINES

« Toulouse au centre du Monde ». Mercredi 5 mars, Sciences- Po Toulouse accueillait l’émission « Le Téléphone sonne », diffusée sur France Inter, en partenariat avec Le Monde.

Dans un amphithéâtre de l’Institut d’Etudes politiques (IEP) de Toulouse, la salle est pleine à craquer. Alain Bedouet, présentateur du «Téléphone sonne », et ses invités répondent, en direct, aux questions des auditeurs et des spectateurs au sujet des élections municipales. Aux micros : un politologue, Eric Darras, maître de conférence à l’IEP de Toulouse, et des journalistes, Stéphane Iglésis, correspondant de France Inter à Toulouse et Xavier Ternisien, rédacteur au Monde. Les auditeurs Toulousains s’interrogent sur les grands thèmes de la campagne : transports, l’insécurité, l’urbanisme. On évoque aussi les stratégies politiques. Une fusion des listes de Jean-Luc Moudenc et Jean-Luc Forget pour le second tour ? Cela ne semble pas possible a priori pour le journaliste du Monde. Le candidat MoDem pourrait toutefois « donner des signes en direction de tel ou tel candidat » selon Xavier Ternisien qui ajoute que « son cœur pencherait plutôt à gauche qu’à droite.» Pour Eric Darras, une fusion Modem-PS n’est pas plus envisageable, car « l’Autre liste » de François Simon et la LCR refuseraient alors de soutenir Pierre Cohen au second tour. Manque de charisme ?

À un auditeur qui s’étonne de la multiplication des listes d’extrême gauche, Xavier Ternisien répond que cette situation est due à une absence d’accord entre les différents partis. Une « singularité Toulousaine », renforcée par l’absence de candidat Front national dans cette course au Capitole. Stéphane Iglésis, souligne par ailleurs que les candidats de droite ne montrent pas clairement leur couleur politique sur leurs affiches. A contrario, pour le journaliste de France Inter, Pierre Cohen « assume et se positionne comme le candidat de la gauche officielle. » Et quand une auditrice demande si le manque de charisme des candidats n’est pas un handicap pour l’avenir de Toulouse, la réponse d’Eric Darras fuse : « Le charisme, ça ne veut rien dire. Le défaut de charisme, c’est surtout le fait de ne pas être connu par les journalistes parisiens. » Applaudissements et rires dans la salle. Le politologue précise: « les deux candidats sont maires tous les deux et ont des responsabilités politiques depuis longtemps. » Pour Stéphane Iglésis, les candidats jouent de ce manque de visibilité nationale. « Jean-Luc Moudenc dit être le candidat de proximité et déclare qu’au moins, on sait où le trouver. Pierre Cohen, quant à lui, s’appuie sur l’exemple de Bertrand Delanoë, peu connu avant son mandat. » « Un duel de seconds couteaux », car comme le rappelle Xavier Ternisien, « trois ombres planent sur le scrutin » : Philippe Douste-Blazy et Dominique Baudis pour la droite, Martin Malvy pour le PS. Un auditeur soulève d’ailleurs la question : « Jean-Luc Moudenc n’aurait-il pas mieux fait de se désolidariser plus tôt de Douste-Blazy ? » Stéphane Iglésis est clair, le maire sortant ne pouvait pas se démarquer trop vite de son mentor car « c’est lui qui l’a fait roi ». Après ces trois quarts d’heures d’analyse, la balle est désormais dans le camp des électeurs. Une chose est sûre : Toulouse sera regardée de très près les 9 et 16 mars.

Delphine Jeanneau et Emilie Valès

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