More servicesWindows Live
HomeHotmailSpacesOneCare
 
MSN
Sign in
 
 
Spaces home  Toulouse 2008 : le blog ...PhotosProfileFriendsBlog Tools Explore the Spaces community

Blog

March 16

TOULOUSE PASSE À GAUCHE

Le socialiste Pierre Cohen est quasi assuré de devenir le nouveau maire de Toulouse. Avec un peu plus de 50,5 % des voix il devance le maire sortant apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc. Il met ainsi fin à trente-sept ans de droite au Capitole.
March 14

QUAND MOUDENC ET COHEN SE REVENDIQUENT DE JUPPÉ


Lors du débat organisé par la chaîne Public Sénat entre Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc, le candidat socialiste s'est appuyé à trois reprises sur le bilan...d'Alain Juppé.

Les débats télévisés réservent parfois des surprises. Lors de la confrontation Moudenc-Cohen, le candidat socialiste a réussi la prouesse d'étayer ses arguments en s'appuyant à trois reprises sur le bilan d'Alain Juppé. Très soucieux de ne pas donner une dimension nationale au scrutin Jean-Luc Moudenc a toujours fait en sorte d'éviter des soutiens extérieurs à Toulouse. Une exception existe toutefois. Le candidat UMP précise que pour son dernier meeting « Seul Alain Juppé participera indirectement par vidéo ». Le maire de Bordeaux a tous les honneurs...

Le complexe toulousain

Bordeaux a souvent été présenté dans les médias comme une ville parfaitement gérée et à la pointe des innovations écologiques avec son tramway. Le rayonnement national du chef-lieu de la Gironde a souvent fait de l'ombre à Toulouse. Toutefois ce "rayonnement" peut être relativisé tant il est dû aux nombreuses fonctions à la tête de l'Etat qu'Alain Juppé a exercé ces vingt dernières années. Et pourtant, les deux candidats toulousains croient bon de se revendiquer de l'ex-Premier ministre.

Pierre Cohen estime que Toulouse est en retard concernant les transports  « Il y a 6 ou 7 ans, la plupart des villes avaient adopté une offre de déplacement. Bordeaux nous a d'ailleurs nous a dépassé ». Lorsque Jean-Luc Moudenc attaque son concurrent sur son opposition passée à la construction de la ligne 2 du métro. Le candidat socialiste répond : « On ne refait pas l'histoire. D'autres n'ont pas choisi le métro, comme Monsieur Juppé ». Enfin, pour s'opposer au grand contournement routier de Toulouse proposé par le candidat UMP, Pierre Cohen s'en remet au « Grenelle de l'environnement » : « Le Grenelle a dit qu'il ne fallait plus d'autoroutes car c'est contraire au développement durable . » (S'il l'a dit alors...). Un « Grenelle » qui n'est rien d'autre que le produit de l'ex-ministre de l'environnement, et de sa « révélation écolo » importée du Canada.

On se dit alors qu'Alain Juppé aurait dû se présenter à l'élection municipale toulousaine ! Tout le monde se serait peut-être mis d'accord. Mais il ne faut pas faire de mauvais esprit et ne pas s'éloigner du véritable débat entre les deux candidats à la Mairie de Toulouse  : « Monsieur Cohen a été maire durant 19 ans de Ramonville, ville qui n'a pas connu d'essor démographique. » « Monsieur Moudenc, vous auriez dû vous présenter à l'élection de Ramonville ».

Florian Gibert Abensour



March 13

UN SONDAGE DONNE PIERRE COHEN GAGNANT

Un sondage Ifop/Fiducial pour Paris-Match donne le socialiste Pierre Cohen gagnant avec 53% des voix. Ce sondage effectué sur un échantillon de 602 personnes est toutefois à prendre avec des pincettes dans la mesure où il ne tient pas compte des alliances opérées par les candidats entre les deux tours. Le ralliement de la tête de liste MoDem Jean-Luc Forget à Jean-Luc Moudenc, ainsi que le refus du PS de s'allier avec d'autres listes de gauche pourraient avoir des conséquences sur l'attitude des électeurs dimanche prochain. Marwan Chahine
March 11

LE PS SEUL CONTRE LA DROITE ET LE MODEM

Le jeu des alliances aura reservé son lot de surprises. Si le MoDem a naturellement rejoint la droite, le PS a refusé de fusionner avec l'Autre Liste de François Simon et la liste Debout ! de Myrim Martin. On se doutait bien que Jean-Luc Forget allait rejoindre le maire sortant Jean-Luc Moudenc pour le second tour des municipales ; en revanche on ne s'attendait pas à ce que l'alliance se fasse dans ces conditions. Monsieur Forget qui évoquait l'éventualité d'un retrait de la vie politique en cas d'échec aura vite changé d'avis devant la gracieuse main tendue par Monsieur Moudenc. Contre neuf places dont sept éligibles, Jean-Luc Forget s'est rangé juste derrière le maire de Toulouse et figure en troisième position sur la liste. D'aucuns au MoDem y voient une trahison, d'autant que ce ralliement ne s'est pas suivi d'un retrait d'Elisabeth Husson Barnier, considéré hier encore comme le diable incarné par certains. Quant à Jean-Luc Moudenc, il espère bien que ce ralliement clair sera suivi d'un report de voix massif, condition nécessaire bien qu'insuffisante pour gagner dimanche prochain. Les récentes manoeuvres de la gauche pourraient bien être favorable au maire sortant. Alors qu'il n'est arrivé que second Pierre Cohen n'a pas souhaité fusionner avec les deux listes à sa gauche. Pour Myriam Martin, cela s'explique, la tête de liste Debout demandait une alliance doublée d'une indépendance. En revanche, on comprend mal que Pierre Cohen n'ait pas accepté de céder quatre places sur sa liste à l'Autre Liste de François Simon. Avant même l'élection, un accord semblait entendu et Simon semble le premier surpris de la situation. En ne s'alliant avec personne, le PS a sans doute chercher à ménager la chèvre et le chou, les électeurs du centre et de la gauche. Mais cette attitude présomptueuse pourrait lui être préjudiciable. François Simon n'a d'ailleurs pas donné de consigne de vote pour le second tour. Reste à espérér pour Pierre Cohen que l'union sacrée contre Jean-Luc Moudenc qu'il appelle de ses voeux ne se retourne pas contre lui. Marwan Chahine
March 10

"DEBOUT" AURA SON MOT À DIRE

La liste « Debout ! » a totalisé 5,07% des suffrages lors du premier tour des municipales à Toulouse. Une soirée mouvementée, vite éclipsée par les tractations déjà en cours avec la liste d’union de la gauche.

Les nerfs des militants de la liste « Debout ! » ont été mis à rude épreuve ce dimanche. À chaque dépouillement d’un bureau de vote, les résultats oscillent entre 4,5 % et 5,5 % et la rumeur se propage au QG de la campagne, rue des Couteliers. L’objectif minimum de faire 5 % est impératif afin de pouvoir se faire rembourser des frais de campagne mais aussi de venir jouer les trouble-fête pour le deuxième tour. Vers minuit, c’est le soulagement. La liste conduite par Myriam Martin passe la barre fatidique des 5% même si les résultats affinés ne seront connus que plus tard dans la nuit. « Ça met un peu de piment à cette journée électorale », ironise Julien Terrié, numéro 14 de la liste « Debout ! ». « C’est un soulagement. On a dû faire face à beaucoup d’obstacles, mais finalement on a réussi notre pari », s’exclame la tête de liste.

Rassemblement de la gauche ?

Très tôt dans la soirée, Myriam Martin s’exprime sur « la possibilité d’un accord technique » avec la liste d’union de la gauche en vue « de battre la droite au second tour ». Elle confirme avoir eu « des contacts avec un responsable de la campagne de Pierre Cohen ». Les modalités devraient être fixées lundi dans la journée. L’autre partie de la gauche alternative n’a pas perdu de temps. François Simon, a déjà fait appel à Pierre Cohen. Il souhaite obtenir de la part du tête de liste socialiste, 1/9e des places compte tenu de son score de 5,42 %. Visiblement, cette nouvelle fait grincer des dents du côté des colistiers socialistes et risque de s’accentuer lors des négociations avec « Debout ! ». Selon Myriam Martin, après ce bon score des forces de gauche, « la balle est dans le camp des socialistes ».

Charles Carrasco

RIEN N'EST JOUÉ A TOULOUSE

Le maire sortant apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc devance le candidat socialiste Pierre Cohen d'une courte tête. Mais entre les alliances électorales et les reports de voix possibles, il est difficile de deviner l'issue du scrutin. Décryptage.

À Droite on respire, à gauche on sourit. A l'issue de ce premier tour, les deux principaux candidats restent en course pour le Capitole. Jean-Luc Moudenc totalise 42,6 % des voix contre 39 à son rival socialiste. Trois candidats dépassent le seuil des 5%, Jean-Luc Forget du MoDem à 5,9 % des voix, François Simon de l'Autre Liste avec 5,42 % et Myriam Martin 5,07. Les trois autres candidats font moins d'un pourcent : 0,86 % pour André Gallego (Dvd), 0,83 % pour Sandra Torremocha (LO) et 0,33 % pour Thierry Dupin (PT). L'abstention est de 43,5%.

Alliances, stratégies et mobilisation

Si on se contente de sortir les calculatrices et en rangeant le MoDem à droite, Moudenc et Cohen sont quasiment à égalité avec une très légère avance pour le candidat socialiste. Mais la réalité est plus complexe en raison de trois paramètres. Alliances et contexte national Primo, il est difficile de prévoir l'abstention au second tour. L'absence du Front National au premier tour peut laisser penser que certains symapthisants frontistes ne se sont pas déplacé dimanche mais se remobiliseront pour faire barrage à la gauche la semaine prochaine. Il en est de même pour les électeurs convaincus de l'issue du premier tour et réservant leur vote pour le duel du second. Ces données sont difficilement quantifiables mais ne peuvent être négligées. Deuxio, les reports de voix ne sont pas systématiques et dépendent en partie des alliances. Selon toute vraisemblance, et malgré ce qu'il avait annoncé, Jean-Luc Forget devrait se rallier à Jean-Luc Moudenc avec des reserves toutefois. En effet, on voit mal le candidat MoDem siéger à coté de Mme Elisabeth Husson Barnier, présidente départementale du MoDem et qui a choisi le camp de Moudenc au premier tour. Mais même avec ce ralliement, encore officieux, Jean-Luc Moudenc n'est pas certain de récupérer toutes les voix du MoDem. Le parti centriste prend ses voix tant à droite qu'à gauche et même une consigne de vote claire de la tête de liste ne suffirait pas à capter l'ensemble de l'électorat. À gauche, Pierre Cohen bénéficie d'une resèrve de voix importante. Néanmoins, la tête de liste socialiste devra négocier avec François Simon et Myriam Martin en vue d'un ralliement. Avec le premier, le souci vient de ce qu'il est l'ancienne tête de liste du PS (pour les municipales de 2001) et que beaucoup au PS semblent lui en vouloir de sa dissidence. Il est fort à parier que si le PS refusait les 5 places demandées par François Simon, des électeurs de ce dernier pourraient rester chez eux dimanche prochain. Si le PS acceptait, cela ne se ferait pas sans une certaine amertume, comme l'attestent des propos entendus rue de Metz au siège de campagne de Pierre Cohen. Avec Myriam Martin, la difficulté vient de ce que sa liste se compose de trois courants et que si elle se rallie ce sera au moins pour trois places. Le PS serait contraint de retirer au moins huit personnes de sa propre liste, ce qui n'est pas une mince affaire, les candidats au retrait n'étant pas légion. Tertio, la campagne n'est pas finie et l'entre-deux tours peut réserver des surprises.

Un final indécis

Moudenc sait qu'il n'a plus rien à perdre et se montrera sans doute offensif au cours de cette semaine. Quant à Cohen, difficile de savoir comment il va gérer son nouveau statut de favori. D'autant que des éléments externes peuvent entrer en compte. À Toulouse, le contexte national a joué au premier tour. Jean-Luc Moudenc, maire par intérim ( depuis 2004 ) à sans doute pâti d'un vote sanction contre la politique du gouvernement. Or, il n'est pas à exclure que la droite française parvienne à rassembler ses troupes pendant l'entre-deux tours comme l'avait fait la gauche aux dernières legislatives. Auquel cas, Moudenc bénéficierait d'un apport de voix. Tous ces éléments font que même si Pierre Cohen est en passe de l'emporter dimanche, rien n'est joué à Toulouse.

Marwan Chahine

March 09

MOUDENC (UMP) DEVANT COHEN (PS)

Point sur la course au Capitole

Selon la Sofres, Moudenc réunirait 42 % des suffrages contre 38% pour Pierre Cohen.Les deux listes d'extrême gauche, Debout (LCR) et l’Autre liste de François Simon recueilleraient toutes les deux 5,5%. Quant à Jean-Luc Forget il ne rassemblerait que 6,5% des voix. Ipsos crédite Jean-Luc Moudenc de 41% contre 40% pour le candidat socialiste. Selon les premières estimations officielles portant sur 179 bureaux de vote, Jean-Luc Moudenc, arriverait en tête avec 43 %. La liste de gauche plurielle de Pierre Cohen serait seconde avec 38,6 %. Jean-Luc Forget, candidat MoDem ne réunirait que 6 %, loin des 10% escomptés. L'Autre liste de François Simon et la liste Debout menée par Myriam Martin seraient au dessus des 5%.

Julien Collinet et Marwan Chahine

March 07

UN NOUVEAU SOUFFLE POUR LUTTE OUVRIÈRE

Lutte ouvrière (LO) est au plus mal à Toulouse. Arlette Laguiller n’avait obtenu que 0,84% lors des dernières élections présidentielles.

Ce scrutin municipal ne s’annonce pas mieux pour le parti. Selon un dernier sondage, paru dans la Dépêche du midi jeudi, Sandra Torremocha, tête de liste LO ne recueillerait que 0,5% des suffrages. Cette jeune enseignante de 34 ans est la benjamine des candidats à Toulouse. D’origine espagnole, elle a hérité de ses aïeux ibériques son militantisme. Elle s’inscrit ainsi dès l’age de 17 ans auprès du parti d’Arlette Laguiller. Utopiste, son combat l’est. Elle annonce ainsi « viser un poste de conseiller municipal », soit obtenir 5% dimanche soir. Discrète, elle l’est aussi, tout comme sa campagne. Rarement relayée par les medias, sa candidature peine à se faire entendre. Complexé, face à une surdose de liste d’extrême gauche, le parti a pourtant bien essayé, en vain, de s’allier aux autres forces. « François Simon n’a même pas voulu nous entendre. La LCR voit dans ses élections une simple vitrine pour son parti, on n’a pas pu faire valoir nos idées » explique-t-elle quelque peu dépitée. Déterminée à faire chuter Jean-Luc Moudenc, « le relais des idées de Nicolas Sarkozy », elle ne sait toutefois pas si elle appellera à voter Cohen le 16 mars ; ce serait « inacceptable en cas d’accord avec le Modem ». Le parti qui semble à l’agonie, peut retrouver un nouveau souffle avec des jeunes candidats comme Sandra Torremocha qui s’engagent pour « être le relais de la voix des travailleurs. »

Julien Collinet

ARLETTE LAGUILLER APPELLE A SANCTIONNER LA POLITIQUE DE SARKOZY

La figure de proue de Lutte ouvrière était hier soir à Toulouse pour appuyer la candidature des quatre listes présentées par son parti en Midi-Pyrénées. Malgré des objectifs mesurés pour l’élection de dimanche, elle n’a pas lésiné sur la critique du pouvoir en place.

« Quand Arlette chante c’est de la verdure, sur un monde difficile, dur », chantait Alain Souchon. Hier soir à Toulouse, ce sont pourtant des banderoles et des drapeaux rouges qui l’ont accueilli, salle Barcelone. Arlette Laguiller venait y soutenir les quatre listes de son parti en Haute-Garonne (Colomiers, Cugnaux, Muret et Toulouse) aux municipales de dimanche. L’assistance flirtait avec les 150 personnes. C’est la tête de liste toulousaine Sandra Torremocha qui lance les hostilités. D’entrée de jeu, l’UMP Jean-Luc Moudenc n’est pas épargné. « Le candidat de la droite honteuse », selon la tête de liste de LO. S’en suit un panorama des luttes salariales locales. Airbus, Latecoere, Freescale… Tout y passe. Arlette Laguiller emboîte le pas à la candidate toulousaine. Applaudissements fournis dans la salle. Elle aussi va droit au but et dénonce un « gouvernement d’assistanat », dans un pays où les assistés « ce sont les riches. » Des points chauds de l’actualité sociale, elle n’en oublie pas un. Cela va de Denis Gauthier-Sauvagnac (ex-président de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie), « une saleté patronale de plus » à la flambée des prix de la grande distribution, due selon elle « à la spéculation » et à « la liberté pour les supermarchés de fixer les prix. » Vote sanction Et puis elle tempête, Arlette. Contre Arcelor-Mittal, contre Michelin ou encore contre Miko, où des emplois sont menacés. Bien entendu, elle en garde un peu pour Nicolas Sarkozy, qui « n’imagine pas ce que c’est de s’user au travail sur une chaîne de production. » L’enjeu du scrutin, la porte drapeau de LO le relativise, sans le minimiser. Elle en appelle à « la mobilisation de l’électorat populaire. » « J’espère que nous aurons des conseillers municipaux », admet-elle. « Aucune municipalité ne peut combler les défaillances de l’Etat. » Il n’empêche, « la municipalité peut faire des choix, plus ou moins favorables aux classes laborieuses. » Mais le créneau de Lutte ouvrière reste ouvertement révolutionnaire. « J’ai cette conviction qu’il y aura une explosion sociale », lâche Arlette Laguiller, qui cite Lénine et Trotsky et regrette que ses « camarades de la LRC » veuillent créer une union antilibérale « un peu féministe, un peu écolo… » Et de conclure, « nous continuerons à revendiquer des idées communistes. » L’assistance se lève pour applaudir. La vedette de la soirée reçoit un bouquet de fleurs et descend du pupitre. Quelques tracts dédicacés et puis s’en va.

Antoine Lannuzel

FRANCE INTER DECRYPTE LES MUNICIPALES TOULOUSAINES

« Toulouse au centre du Monde ». Mercredi 5 mars, Sciences- Po Toulouse accueillait l’émission « Le Téléphone sonne », diffusée sur France Inter, en partenariat avec Le Monde.

Dans un amphithéâtre de l’Institut d’Etudes politiques (IEP) de Toulouse, la salle est pleine à craquer. Alain Bedouet, présentateur du «Téléphone sonne », et ses invités répondent, en direct, aux questions des auditeurs et des spectateurs au sujet des élections municipales. Aux micros : un politologue, Eric Darras, maître de conférence à l’IEP de Toulouse, et des journalistes, Stéphane Iglésis, correspondant de France Inter à Toulouse et Xavier Ternisien, rédacteur au Monde. Les auditeurs Toulousains s’interrogent sur les grands thèmes de la campagne : transports, l’insécurité, l’urbanisme. On évoque aussi les stratégies politiques. Une fusion des listes de Jean-Luc Moudenc et Jean-Luc Forget pour le second tour ? Cela ne semble pas possible a priori pour le journaliste du Monde. Le candidat MoDem pourrait toutefois « donner des signes en direction de tel ou tel candidat » selon Xavier Ternisien qui ajoute que « son cœur pencherait plutôt à gauche qu’à droite.» Pour Eric Darras, une fusion Modem-PS n’est pas plus envisageable, car « l’Autre liste » de François Simon et la LCR refuseraient alors de soutenir Pierre Cohen au second tour. Manque de charisme ?

À un auditeur qui s’étonne de la multiplication des listes d’extrême gauche, Xavier Ternisien répond que cette situation est due à une absence d’accord entre les différents partis. Une « singularité Toulousaine », renforcée par l’absence de candidat Front national dans cette course au Capitole. Stéphane Iglésis, souligne par ailleurs que les candidats de droite ne montrent pas clairement leur couleur politique sur leurs affiches. A contrario, pour le journaliste de France Inter, Pierre Cohen « assume et se positionne comme le candidat de la gauche officielle. » Et quand une auditrice demande si le manque de charisme des candidats n’est pas un handicap pour l’avenir de Toulouse, la réponse d’Eric Darras fuse : « Le charisme, ça ne veut rien dire. Le défaut de charisme, c’est surtout le fait de ne pas être connu par les journalistes parisiens. » Applaudissements et rires dans la salle. Le politologue précise: « les deux candidats sont maires tous les deux et ont des responsabilités politiques depuis longtemps. » Pour Stéphane Iglésis, les candidats jouent de ce manque de visibilité nationale. « Jean-Luc Moudenc dit être le candidat de proximité et déclare qu’au moins, on sait où le trouver. Pierre Cohen, quant à lui, s’appuie sur l’exemple de Bertrand Delanoë, peu connu avant son mandat. » « Un duel de seconds couteaux », car comme le rappelle Xavier Ternisien, « trois ombres planent sur le scrutin » : Philippe Douste-Blazy et Dominique Baudis pour la droite, Martin Malvy pour le PS. Un auditeur soulève d’ailleurs la question : « Jean-Luc Moudenc n’aurait-il pas mieux fait de se désolidariser plus tôt de Douste-Blazy ? » Stéphane Iglésis est clair, le maire sortant ne pouvait pas se démarquer trop vite de son mentor car « c’est lui qui l’a fait roi ». Après ces trois quarts d’heures d’analyse, la balle est désormais dans le camp des électeurs. Une chose est sûre : Toulouse sera regardée de très près les 9 et 16 mars.

Delphine Jeanneau et Emilie Valès

March 06

AIRBUS : DUPIN VEUT ROMPRE LE SILENCE

La liste conduite par Thierry Dupin « Pour la renationalisation d'Airbus, et contre les directives de l'Union européenne » dénonce « le silence des forces politiques » sur la question de l’industrie toulousaine. Un silence que le candidat juge inquiétant dans une ville où l’avenir économique tient en six lettres : Airbus.

Agent à France Télécom et membre du Parti des Travailleurs, Thierry Dupin, estime qu’une « municipalité digne de ce nom devrait exiger la renationalisation d’Airbus ».  Il ajoute que « si une autre liste s'était présentée en faisant d'Airbus une priorité, nous n'aurions pas été amenés à en constituer une ». L’existence même de cette liste qui regroupe des syndicalistes, des militants laïques et des membres du Comité pour un parti ouvrier indépendant est en soi une première bataille gagnée pour Thierry Dupin.

Ces militants estiment que le déclin de la ville est d’actualité et que ce n’est pas « le casino de Toulouse érigé sur les décombres du pôle chimique liquidé après l’explosion de l’usine AZF, qui va apporter du travail aux jeunes et aux chômeurs ». Ils prônent le retrait du plan Power 8 qui prévoit la suppression de 10 000 emplois « en majeure partie dans le bassin toulousain ».  Mais c’est à « la racine du mal » que Thierry Dupin veut s’attaquer. Selon lui c’est la privatisation d’Airbus mise en place par le gouvernement Jospin qui a induit le plan Power 8. Une privatisation réalisée sous l’égide de « l’Union européenne au nom de la concurrence libre et non faussée». Thierry Dupin mène donc un combat politique contre le maire sortant Jean-Luc Moudenc qui affirme que « pour lutter contre les délocalisations, Toulouse a besoin d’une Europe en marche ». A cela, l’agent de France Télécom et ses colistiers répondent  que le mot d’ordre pour la « renationalisation d’Airbus et la rupture avec les directives de Bruxelles » a trouvé un écho dans la population toulousaine, inquiète sur « l’avenir des sites industriels toulousains ».

 Florian Gibert Abensour

March 05

A QUI PROFITE LE RETRAIT DU FN

Il n'y aura pas de candidat Front National aux municipales à Toulouse. Philippe Riey a en effet jeté l'éponge. Une absence qui crée la polémique.

Venu soutenir Pierre Cohen, la semaine passée, Lionel Jospin a estimé que "l'absence du FN est suspecte". Par ce propos, l'ancien Premier Ministre accuse indirectement Jean-Luc Moudenc et l'UMP de n'être pas pour rien dans ce retrait. Cela semble plausible dans la mesure, où les raisons de ce retrait sont obscures.

Trois colistières de l'ex candidat FN, Philippe Riey, se sont désistées à la dernière minute. Des pressions sont évoquées mais le représentant du parti lepéniste ne souhaite pas épiloguer : "c'est dommage mais ce n'est pas une catastrophe", philosophe-t-il.

Un autre élément accrédite l'hypothèse de Lionel Jospin : la volonté initiale du Front National de faire liste commune avec Jean-Luc Moudenc. Philippe Riey n'a jamais semblé convaincu par cette campagne. Le FN n'a présenté son candidat qu'à la fin du mois de janvier pour se retirer un mois plus tard.

Pas si suspect

Pourtant, on se demande sérieusement ce que Jean-Luc Moudenc a à gagner de ce retrait. En effet, le FN hors-course, c'est un réservoir de voix en moins en vue du second tour pour Moudenc. Certes, on peut échafauder des théories biscornues comme l'impact psychologique d'un score élevé au premier tour, mais il semble bien que le retrait du FN ne soit pas si suspect.

En proie à des difficultés financières, le parti de droite nationaliste, n'avait pas vraiment d'intérêt à participer aux municipales dans une ville où le FN n'a jamais vraiment percé. D'autant qu'avec des intentions de vote estimées entre 2 et 4 %, le parti risquait fort de ne pas se faire rembourser les 40000 euros prévus pour la campagne. En bref, le FN avait tout à perdre, rien à gagner. Élémentaire mon cher Lionel !

Soit Lionel Jospin n'est pas au fait de la politique locale, ce qui est surprenant pour cet ancien élu de Haute-Garonne. Soit, l'Ancien Premier Ministre a juste cherché à jeter l'anathème sur le candidat apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc.

Une attaque qui, pour peu significative qu'elle soit, atteste que le ton se durcit à moins d'une semaine du scrutin.

Marwan Chahine 

SOUTIEN ROYAL POUR COHEN

Ségolène Royal est aujourd’hui à Toulouse pour soutenir la  candidature de Pierre Cohen aux élections municipales.

Au cours d’une conférence de presse, elle a déclaré qu’à un moment « où les Français sanctionnent l’exhibitionnisme, ils souhaitent voter pour un candidat qui a montré son expérience sur le terrain. »

Pierre Izard président du Conseil Général de la Haute-Garonne et Martin Malvy président du Conseil Régional Midi-Pyrénées étaient également présents.
« Le bon choix dimanche, c’est Pierre Cohen. Car la région a besoin d’une métropole dynamique et ambitieuse » a ainsi lancé Martin Malvy.
Ségolène Royal a ensuite annoncé que « Toulouse méritait d’avoir un bon maire » et qu’« une politique qui se délite au niveau national doit absolument être redressé au niveau local. »

De retour dans une ville qui avait massivement voté pour elle aux élections présidentielles (57,60%), la venue de la responsable socialiste semble de bon ton alors qu’un récent sondage réalisé par l’IFOP et Fiducial pour Paris Match, donne Pierre Cohen vainqueur au second tour avec un score de 52%. Ce même sondage annonce également le candidat socialiste en tête au premier tour avec 40% .

 Julien Collinet

March 04

OLIVIER BESANCENOT REVIENT POUR UN APPEL A L'ACTION

 Olivier Besancenot est revenu à Toulouse hier soir apporter son soutien à la liste Debout, emmenée par Myriam Martin. Devant 1 000 personnes, il a rappelé que la mobilisation devait continuer après le deuxième tour des élections municipales.

 C’est la deuxième fois en un mois que la tête de liste LCR de Debout, Myriam Martin reçoit le soutien d’Olivier Besancenot. Hier soir, salle Mermoz de Toulouse, un meeting-concert a réuni près de 1 000 militants venus écouter le leader trotskiste qui a promis « de l’action et du sport » après le deuxième tour des élections municipales. Il a rappelé que ces élections arrivaient  huit mois après le début de la présidence de Nicolas Sarkozy et que la résistance devait continuer. « La politique de Sarkozy ne va pas s’arrêter, a-t-il lancé. Il faut que nous continuions notre combat ».

Pour le scrutin du 9 mars, Olivier Besancenot souhaite «que les gens votent pour ce qu’ils pensent ». Myriam Martin a renchéri : « Le vote utile, c’est de voter pour une gauche qui combat. Il faut sanctionner Sarkozy et dire non à son candidat toulousain, Jean-Luc Moudenc ».

Appel à la rénovation du parti

Lors d’une conférence de presse précédant le meeting, Olivier Besancenot a rappelé son soutien à la liste Debout qui « correspond à des combats menés depuis des années et dont les projets vont au delà des élections ». Car, pour le jeune postier, l’enjeu des scrutins municipaux est aussi national. A la fin de l’année se tiendra le congrès durant lequel un nouveau parti « anticapitaliste » devrait voir le jour. Une bonne moitié de son discours du meeting a été consacrée à ce projet. « Il s’agit de créer un outil politique qui laisse place à la diversité », a-t-il expliqué. Il faut fédérer les forces de tous les Français afin de tenir tête au gouvernement ». Olivier Besancenot a dans l’espoir de voir les luttes sociales continuer une fois le deuxième tour des élections passé. « Le  bras de fer continuera » a-t-il martelé.

Lisa Etcheberry

March 03

PIERRE COHEN PASSE LA SECONDE

 

 A dix jours du scrutin, la liste d’union de la gauche (Ps, Pc, les Verts, PRG, MRC) donne un coup d’accélérateur à sa campagne. Menée par Pierre Cohen, la liste part favorite dans la course au Capitole.

 Après la venue de Bertrand Delanoë  et de Lionel Jospin, c’est au tour de Ségolène Royal de venir prêter main forte à Pierre Cohen. Un « grand meeting » sera organisé mercredi 5 mars, salle Mermoz.

La candidate malheureuse aux dernières élections présidentielles n’ pas choisi par hasard de venir à Toulouse. La ville est en passe de virer à gauche. Les récents sondages donnent en effet l’avantage à Pierre Cohen.

L’écart est toutefois infime entre l’actuel député-maire de Ramonville, et son principal opposant, le maire sortant, Jean-Luc Moudenc. Il l’emporterait ainsi avec 52% selon un sondage TNS/Sofres pour Le Figaro datant du 9 février et avec 51%, le 18 février selon une étude Ipsos/Dell commandée par 20 minutes. D’autant que ces sondages ont été réalisés auprès de 600 personnes seulement.

Contre-attaque

Pour tenter de creuser l’écart et de combler son déficit de notoriété, Cohen a retroussé ses manches. On ne compte plus les multiples réunions publiques effectuées dans les quartiers.

Accusé, par Moudenc, de vouloir augmenter la taxe d’habitation pour financer ses nombreux, projets, notamment en matière de transports, Cohen appuie sur la gâchette.

Dans un communiqué de presse publié la semaine dernière, il accuse Jean-Luc Moudenc de mentir. « Monsieur Moudenc répète obstinément que nous augmenterons la taxe d’habitation de 60%, c’est un mensonge ! Il ne manque pas de toupet à défaut d’ambition.»

Il insiste enfin sur le double-jeu de Moudenc, qui tente de faire oublier son passé UMP. « Monsieur Moudenc ment, comme il le fait depuis le début de la campagne lorsqu’il affirme être un candidat centriste, alors
qu’il est le candidat de l’UMP, le candidat de Nicolas Sarkozy.
 »

  Julien Collinet

February 29

LE PS MET L'ACCENT SUR LES TRANSPORTS EN COMMUN

A toulouse, la question des transports est un enjeu majeur dans la campagne aux municipales. Jean-Charles Valadier, candidat des Verts, placé 9e sur la liste de Pierre Cohen (PS), dresse l'état des lieux de la politique des transports de l'actuel maire, Jean-Luc Moudenc, apparenté UMP. Il revient également sur les propositions du candidat socialiste. Tramway, bus rapides, gratuité des transports pour les moins de 26 ans... pour le Parti socialiste, la priorité reste les transports en commun.
 
Jean-Charles Valadier est au micro d'Emilie Valès et de Delphine Jeanneau.

  
Video: LE PS MET L'ACCENT SUR LES TRANSPORTS EN COMMUN


LES ANTILIBERAUX: DES ENGAGEMENTS FORTS

A moins de deux semaines du premier tour des municipales, la liste des antilibéraux (LCR, Appel unitaire, Motivé-e-s) tente de séduire un maximum d’électeurs à gauche avec un programme ambitieux.

Afin de concrétiser l’idée défendue par les Motivé-e-s d’une « démocratie participative », les antilibéraux veulent mettre en place des conseils de quartiers ouverts à tous ainsi qu’une grande conférence citoyenne. « Debout ! » souhaite également supprimer la vidéosurveillance et désarmer la Police dans un objectif de lutte contre les discriminations. Ils dénoncent une « « stigmatisation d’une partie de la population et des acteurs sociaux » dans le cadre de la loi de prévention de la délinquance. 
Un autre volet du programme concerne la fin des subventions aux grandes entreprises et à l’exonération de la taxe professionnelle pour celles qui « pratiquent le nomadisme fiscal » mais aussi le souhait de supprimer la zone franche urbaine. Les antilibéraux lancent aussi l’idée de réviser le calcul des impôts locaux en fonction des revenus et de rompre avec le principe de la « dette zéro » pour investir dans des équipements garantis par des « impôts équitablement répartis ».
 
REVOLUTION ECOLOGIQUE
 « Debout ! » voudrait rendre les transports en commun gratuits pour tous. Un plan vélo pour multiplier les pistes cyclables est également envisagé afin de mener une véritable « révolution écologique ». L’objectif est aussi de stopper le Grand Projet de Ville des ZUS (Zone urbaine sensible), les projets de grand contournement et du second aéroport. Les antilibéraux souhaitent enfin re-municipaliser l’eau et le service d’assainissement.
Au niveau culturel, la liste veut mettre en place une école d’art dans chaque quartier pour encourager les pratiques et la création artistiques. La liste propose aussi de mettre en place « une carte culture » qui modulera les tarifs culturels en fonction des revenus. Enfin, l’idée de fermer le Casino et de réutiliser le lieu pour les habitants du quartier a été réaffirmée dans le programme. Des engagements forts des antilibéraux qu’ils espèrent pouvoir faire valoir au sein de la gauche.
 
Charles Carrasco

LOGO%20DEBOUT-rouge

February 19

L'AUTRE LISTE, LA LISTE DE LA GAGNE

A un mois du premier tour des élections municipales, François Simon est optimiste quant au score de l'Autre Liste qu'il mène. L'ancien candidat socialiste en 2001 explique ce qu'il reproche au le PS, avec lequel il espère néanmoins faire liste commune au second tour.

     Crédité de 5 à 6% des intentions de vote au premier tour, François Simon reste optimiste. Et continue de tabler sur une médiane de 10%. Si l'Autre Liste entend rassembler la gauche alternative, c'est qu'elle ne croit plus dans le Parti Socialiste, dont François Simon était la tête de liste en 2001. « Le PS n'a pas changé alors que la société a beaucoup bougé,» explique-t-il. Il diagnostique l'absence du PS au second tour de l'élection présidentielle de 2002 comme « une erreur de direction et non une erreur de parcours ». Un changement de direction s'imposait donc, et l'Autre Liste entend défendre des enjeux essentiels qui selon elle, ne sont pas pris en compte. Les priorités : l'écologie, la mixité sociale, la gratuité des transports, la lutte contre les discriminations. Un échantillon des 180 propositions que la liste alternative a soumises au vote des internautes sur son site internet. Une gauche responsable et pour mettre en oeuvre ce programme alternatif, L'Autre Liste rassemble ce que François Simon appelle « la citoyenneté toulousaine » avec des militants et des élus venant d'horizons différents : ex-PS, ex-Verts, ex-Motivé(e)s... « Le PS ne peut pas être la représentation de la totalité de la gauche et ne peut pas gagner seul affirme la tête de liste. L'Autre Liste est la liste de gauche la plus responsable, la liste de la gagne et c'est avec le PS qu'on gagnera. » Mais du côté du PS, on ne semble pas partager cet avis. Le dialogue ne prend pas : « Il va certainement falloir entrer une démonstration de rapports de force...», regrette François Simon. Un rapport dont dépend le résultat du premier tour.

Marie Casabonne

February 08

LES MOTIVE-E-S TOUJOURS PRESENT

  En 2001, les Motivé-e-s ont été les invités surprises du 1er tour des municipales à Toulouse. Leur liste avait récolté 12,4%, et plus de 20% à la Reynerie. Au second tour, la liste  avait soutenu le Parti socialiste ce qui lui avait permis de bénéficier de quatre conseillers municipaux. Pour ces élections municipales 2008, le mouvement politique de gauche toulousain a décidé de faire liste commune avec la LCR et l’Appel anti-libéral derrière la tête de liste Myriam Martin. Mais qui sont vraiment les Motivé-e-s?
 
    Ce mouvement, né au début des années 2000, réunit au départ des personnes issues d’horizons divers : associatifs, artistiques, politiques, journalistiques et universitaires. Tous affichent la volonté « d’une autre politique », plus impliquée dans les quartiers mais aussi dans des domaines tels que la culture, la parité hommes-femmes, la lutte contre les discriminations ou encore la démocratie participative. Très vite, les Motivé-e-s sont présentés comme un mouvement « beur ». A tort, car le mouvement n’a rien de communautaire et revendique avant tout une identité politique, la gauche.
   Le cd « motivé-e-s », qui reprend des chants révolutionnaires du monde entier incarne la démarche : citoyen français de toutes origines et  militant avant tout ! Un positionnement dans lequel s’est retrouvé la LCR qui, très tôt, s’est rapprochée des Motivé-e-s. Sur le plan national, la généralisation d’un ancrage local et associatif a transformé l’image du parti trotskyste. L’émergence d’Olivier Besancenot, jeune et proche des quartiers populaires, est une conséquence de ce « ravalement de façade ».  Mais revenons à Toulouse.
 
Une dure entrée en politique…
  Les Motivé-e-s se sont imposés dans le paysage politique toulousain grâce à leur dynamisme et leur militantisme. Mais il faut dire qu’ils ont bénéficié d’une couverture médiatique non négligeable, notamment lors des municipales de 2001. Le mouvement a longtemps été associé aux membres du groupe Zebda et à la figure de Magyd Cherfi fondateur de l’association Tactikollectif, à l’origine du projet Motivé-es. Pour ce qui est de l’action spécifiquement politique les Motivé-es sont représentés par Salah Amokrane (frère aîné de Mouss et Hakim, chanteurs de Zebda) qui siège actuellement au Conseil Municipal.
 
  Les Motivé-e-s, ne sont pas vraiment un parti, en terme d’organisation et de structure interne. Eux mêmes se définissent comme un OPNI : Objet Politique Non Identifié. Cependant, il est indéniable qu’ils font partie intégrante de la vie politique et sociale à Toulouse. L’entrée en politique s’est accompagnée de divisions internes et de dissidences. On trouve des ex-Motivé-e-s, sur deux autres listes. Michel Desmars a rejoint François Simon et la gauche alternative. De son côté, l’emblématique Magyd Cherfi figure en position non éligible sur la liste de gauche plurielle emmenée Pierre Cohen. Après six années à siéger au Conseil Municipal, les Motivé-e-s sont pourtant toujours là et n’ont pas dit leur dernier mot. Reste à savoir si l’électorat toulousain répondra présent les 9 et 16 mars prochains.
                                                                         
François Pradayrol
February 07

CONTRE LA DROITE AU CAPITOLE ET LA GAUCHE QUI CAPITULE

Suite à l’appel de Myriam Martin, tête de liste LCR aux municipales, Olivier Besancenot était ce matin à Bagatelle, un quartier populaire de Toulouse. L’occasion pour la liste de la gauche radicale « Debout » de lancer véritablement sa campagne.

   Lors du traditionnel tour de marché, les habitants de ce quartier ont pu interpeller le leader trotskyste sur les questions du logement, du pouvoir d’achat et de la discrimination à l’embauche. Les portes-paroles Salah Amokrane (Motivé-e-s) et David Fourcade (Parti Communiste) étaient aussi présents. Pour ce dernier, «il y en a marre de la droite au Capitole et de la gauche qui capitule ».
Cette matinée de mobilisation aura permis à la liste antilibérale de se rassembler autour de la personnalité d’Olivier Besancenot et de rappeler la ligne directrice de son programme. « Aujourd’hui, les problèmes de logement, du travail et d’éducation viennent d’une mauvaise répartition des richesses. Il faut redonner de l’argent aux quartiers qui en ont vraiment besoin », a rappelé le postier de Neuilly. Une idée que partage Myriam Martin. Pour elle, « le véritable enjeu politique est de répondre aux besoins des habitants. C’est pourquoi, nous allons mener une véritable campagne de terrain ». En attendant la prochaine journée de mobilisation, les antilibéraux s’apprêtent à ouvrir leur local de campagne le 12 février, au 26 rue des Couteliers.
 
Charles Carrasco et  Lisa Etcheberry

photo besancenot